Abdullah ibn al-Muqaffa (724 - 759 après J.-C.) était un écrivain, traducteur et penseur d'origine perse qui a vécu aux époques omeyyade et abbasside. Il est considéré comme l'un des pionniers de la prose arabe artistique et un artisan de son style éloquent. Il est célèbre pour avoir transféré le patrimoine littéraire et politique du persan, du grec et de l'indien vers l'arabe, contribuant ainsi à établir les fondements de l'écriture diwanienne et à développer la pensée culturelle islamique.
Ibn al-Muqaffa est né dans la ville de Ghor en Perse et a grandi à Bassora, en Irak, où il a reçu une éducation arabe et perse approfondie qui lui a permis de travailler comme scribe dans les bureaux de l'État pour les gouverneurs omeyyades puis abbassides. Ces fonctions administratives et politiques lui ont donné une compréhension profonde des affaires gouvernementales et politiques, ce qui s'est clairement reflété dans ses écrits qui combinaient sagesse philosophique, orientation morale et politique.
L'écrivain a vécu une période de transition critique qui a vu la chute de l'État omeyyade et l'établissement de l'État abbasside, ce qui a considérablement affecté sa carrière professionnelle et personnelle. Sa vie s'est terminée tragiquement à Bassora après son assassinat pour des raisons politiques liées aux luttes de pouvoir sous le calife abbasside Abu Ja'far al-Mansur, laissant un héritage intellectuel immortel qui a changé le cours de la littérature arabe.
Œuvres principales :
- Kalila wa Dimna (750 après J.-C.) : Un livre contenant une collection de fables et d'histoires symboliques racontées par des animaux et des oiseaux, visant à offrir des conseils politiques et moraux éloquents aux rois et au public.
- Al-Adab al-Kabir (La Grande Littérature) (756 après J.-C.) : Un ouvrage de prose éloquent qui traite des règles de comportement social, de l'étiquette de la compagnie des rois, et offre des conseils aux dirigeants et à la cour sur la gestion des affaires de l'État et de soi.
- Al-Adab al-Saghir (La Petite Littérature) (758 après J.-C.) : Un bref traité moral qui appelle à l'amélioration de soi, à l'acquisition des vertus et au bon traitement des amis, en s'appuyant sur la sagesse et les expériences des nations précédentes.