SCENE XI.
VALÈRE, FRONTIN, ivre.
FRONTIN.
Que diable ! je ne sais pourquoi je ne puis me tenir ; j’ai pourtant fait de mon mieux pour prendre des forces.
VALÈRE.
Eh bien ! Frontin, as-tu trouvé ?…
FRONTIN.
Oh ! oui, monsieur.
VALÈRE.
Ah, ciel ! serait-ce possible ?
FRONTIN.
Aussi j’ai bien eu de la peine.
VALÈRE.
Hâte-toi donc de me dire.
FRONTIN.
Il m’a fallu courir tous les cabarets du quartier.
VALÈRE.
Des cabarets !
FRONTIN.
Mais j’ai réussi au-delà de mes espérances.
VALÈRE.
Conte-moi donc…
FRONTIN.
C’était un feu… une mousse…
VALÈRE.
Que diable barbouille cet animal ?
FRONTIN.
Attendez que je reprenne la chose par ordre.
VALÈRE.
Tais-toi, ivrogne, faquin ; ou réponds-moi sur les ordres que je t’ai donnés au sujet de l’original du portrait.
FRONTIN.
Ah ! oui, l’original ; justement. Réjouissez-vous, réjouissez-vous, vous dis-je.
VALÈRE.
Eh bien ?
FRONTIN.
Il n’est déjà ni à la Croix-Blanche, ni au Lion-d’Or, ni à la Pomme-de Pin, ni…
VALÈRE.
Bourreau, finiras-tu ?
FRONTIN.
Patience. Puisqu’il n’est pas là, il faut qu’il soit ailleurs ; et… Oh ! je le trouverai, je le trouverai…
VALÈRE.
Il me prend des démangeaisons de l’assommer ; sortons.