Scène II
MM. Tomès, Desfonandrès, Macroton, Bahis, Sganarelle, Lisette.
Eh bien, messieurs ?
Nous avons vu suffisamment la malade, et sans doute qu’il y a beaucoup d’impuretés en elle.
Ma fille est impure ?
Je veux dire qu’il y a beaucoup d’impuretés dans son corps, quantité d’humeurs corrompues.
Ah ! je vous entends.
Mais… Nous allons consulter ensemble.
Allons, faites donner des sièges.
Ah ! monsieur, vous en êtes !
De quoi donc connaissez-vous monsieur ?
De l’avoir vu l’autre jour chez la bonne amie de madame votre nièce.
Comment se porte son cocher ?
Fort bien. Il est mort.
Mort ?
Oui.
Cela ne se peut.
Je ne sais pas si cela se peut ; mais je sais bien que cela est.
Il ne peut pas être mort, vous dis-je.
Et moi, je vous dis qu’il est mort et enterré.
Vous vous trompez.
Je l’ai vu.
Cela est impossible. Hippocrate dit que ces sortes de maladies ne se terminent qu’au quatorze ou au vingt-un ; et il n’y a que six jours qu’il est tombé malade.
Hippocrate dira ce qu’il lui plaira ; mais le cocher est mort.
Paix ! discoureuse. Allons, sortons d’ici : Messieurs, je vous supplie de consulter de la bonne manière. Quoique ce ne soit pas la coutume de payer auparavant, toutefois, de peur que je ne l’oublie, et afin que ce soit une affaire faite, voici…
(Il leur donne de l’argent, et chacun, en le recevant, fait un geste différent.)