Le Cheval s’étant voulu venger du Cerf
De tout temps les Chevaux ne sont nés pour les hommes.
Lorsque le genre humain de gland se contentait,
Âne, cheval, et mule, aux forêts habitait ;
Et l’on ne voyait point, comme au siècle où nous sommes,
Tant de selles et tant de bâts,
Tant de harnois pour les combats,
Tant de chaises, tant de carrosses ;
Comme aussi ne voyait-on pas
Tant de festins et tant de noces.
Or, un Cheval eut alors différent
Avec un Cerf plein de vitesse,
Et, ne pouvant l’attraper en courant,
Il eut recours à l’homme, implora son adresse.
L’homme lui mit un frein, lui sauta sur le dos,
Ne lui donna point de repos
Que le Cerf ne fût pris, et n’y laissât la vie.
Et cela fait, le Cheval remercie
L’Homme son bienfaiteur, disant : « Je suis à vous ;
Adieu ; je m’en retourne en mon séjour sauvage.